Ceux de Victoria Bellier et de sa fille Laurence… Elles ouvrirent leur galerie dans les années 1980 au cœur du vieux Laval, comme un défi, comme une gageure, le début disent-elles d’une belle histoire… Et elle le fut.

«Quel bel honneur nous offre Alain, cet artiste et écrivain au coeur grand… si grand… si humainement généreux ! Notre rencontre a commencé comme un conte : il était une fois… une lettre venant de Bretagne, déposée dans notre boîte aux lettres : Galerie Itinéraires aux bons soins des postiers de Laval ! Alain avait vu sur FR3 que s’était ouvert à Laval un petit lieu d’art où tous les artistes avaient la possibilité de faire leur propre exposition. Magie de la télévision : nous avions été vues jusqu’en Bretagne ! Naturellement, la galerie « Itinéraire » lui fut grande ouverte et son exposition très appréciée par beaucoup de visiteurs… Ce fut par bonheur pour tous le début d’une belle amitié entre nous, Alain et Nadine. C’était l’époque où Alain se préparait à devenir directeur d’un établissement de Sainte-Marie-sur-Mer. Pour lui, un véritable changement de cap qui le faisait passer de l’industrie au secteur social. Ceci lui permit très rapidement de faire partager son art, mais surtout l’art des autres, avec le personnel, les résidents et visiteurs (belle initiative !). Il n’eut de cesse d’apporter de la couleur sur les grands murs blancs, et les résidents avaient fini par s’approprier les œuvres du regard à ce point qu’il devenait quasi impossible de les changer de place.

Indéfinissable est son œuvre marquée par la grandeur des sentiments… nourrie de souvenirs heureux et malheureux de l’enfance… de rencontres… de blessures de la vie… Tout se ressent dans le choix des couleurs, du trait, des sujets … Le tout parlant fort, très fort à l’âme humaine. C’est beau. C’est émouvant… Personne ne peut rester indifférent, voire insensible devant ce mur : ce mur… ces personnages aux regards si interrogateurs. Ces maisons… Ces arbres… toute cette nature… tout ce questionnement formulé tant dans ses peintures que dans ses écrits…

Depuis ses 13 ans, il a puisé dans cette terre, cette belle nature de Beaubois (nom prédestiné pour un peintre) et trouvé au plus profond de lui-même, la force, l’envie de peindre… « par goût de la vie », mots empruntés à Robert Buron… par nécessité… pour exister tout simplement ! Et il a réussi ! Nous sommes fières et heureuses de faire partie « des gens de bonne rencontre ». Nous lui disons merci ! Sans oublier Nadine, si présente à ses côtés.

 

Victoria et Laurence Bellier.

2 juin 2016

 

 

 

Illustration : Alain Couraud, Les Folles de la place de Mai, techniques mixtes sur toile 80 x 65, 1978–1979.

« Les Folles de Mai est un raccourci.  Le vrai titre serait plutôt Les Folles de la Pace Mayo. C’est une toile de mes débuts, elle date des années 1979/1980. Je suppose que Victoria a dû te donner l’essentiel concernant cette toile… Elle évoque l’Argentine sous la Junte militaire… tous les opposants sont arrêtés, torturés et disparaissent. Ces femmes défilent chaque semaine (le jeudi ?) à la même heure sous les fenêtres du Palais présidentiel de Buenos Aires : elles réclament des nouvelles de leurs fils ou de leurs maris disparus… Elles brandissent pancartes et photos de leurs disparus sous les fenêtres du Palais. Le Général Videla, alors à la tête du Pays évacue le problème en les traitant de Folles. Mon tableau oublie les photos, les pancartes pour ne retenir que  LA FOLIE !… d’où ces visages exprimant cette folie… Voilà ce qui a motivé mon inspiration. » Alain Couraud.